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LE CABINET DE CURIOSITÉ HENRI STORCK


















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  CABINET DE CURIOSITÉ HENRI STORCK

Installation cinématographique / 5 écrans / 5 projecteurs 16 mm / son : magnétophones à cassettes.


Des plages d'Ostende aux hauts fourneaux de Wallonie, des fêtes populaires aux mystères d'une capitale schyzo, des ailes de poulet aux couleurs du Congo, par petites touches, petites vues où longs travellings nocturnes…
C'est en suivant un guide spirituel, ici le cinéaste belge Henri Storck, que ces 5 écrans fouillent, réinventent et s'accordent enfin, peut-être, sur ce territoire nommé Belgique.

Un cabinet, 5 trous de serrure, 5 femmes attachées à 5 radiateurs et…
vous remettrez bien une petite pièce dans la fente !





FESTIVAL MADE IN BELGIQUE
La Comédie de Saint-Étienne / Centre national du Théâtre
7 avenue Emile Loubet / Saint Etienne — www.lacomedie.fr

Installation visible du 1° au 4 et du 9 au 1é décembre 09, aux heures d’ouverture de La Comédie. Entrée libre.















 

J'ai la nostalgie, je vous l'avoue, des merveilleuses années vingt lorsque le cinéma était vraiment devenu un langage universel grâce à la magie des images, la musique des images dont parlait Abel Gance.

Le cinéma muet avait mis au point des formes narratives par faites et des techniques de prise de vues remarquables. Au temps du muet, on pouvait dire que c'est par les images qu'un sourd entendait ce qu'avait à lui dire un muet. Et le comble de l'art était de tourner des films sans aucun intertitre. (...)

Je crois que les mots documentariste et fiction sont des appellations arbitraires et qu'il n'y a pas de frontières nettes entre les deux. La vie réelle est pleine de ce que nous appelons fiction au cinéma, c'est-à-dire de mise en scène avec des personnages qui jouent des rôles, avec des dialogues bien rodés, un décor, une action, un rituel. Tout ce qui se déroule dans un tribunal, un hôpital, un commissariat de police, un couvent, un bureau, une boutique. C'est un genre de fiction que de grands documentaristes comme Fred Wiseman ou Raymond Depardon ont très bien montré.

Mais le documentaire a ses limites: j'ai un jour fait remarquer qu'il était interdit au documentaire, gui pourtant est par nature destiné à donner à lire tout le réel, de filmer les réalités les plus fortes de la vie humaine: la violence, le meurtre, le sadisme, l'amour, la mort, la folie. Ce sont tous des actes secrets.
C'est sans doute à cause de cet empêchement fondamental dans le cinéma du réel, que les mêmes interdits sont montrés à foison dans le cinéma de fiction. Car dans la fiction, les rôles sont inversés: la réalité, c'est le film qui se fait; la chose vraie c'est la scène que l'on tourne; le maître, c'est la caméra. On peut alors tout représenter. La mort du personnage n'est pas la mort d'un homme, la passion amoureuse n'est pas vécue mais jouée, la violence est mimée. Ces représentations n'en sont pas moins troublantes.

Toutefois, dans le cinéma documentaire, le sentiment du réel est si puissant que cette image d'une vraie vie, d'une situation) réelle et vécue par les êtres qui subissent ou mènent une action au lieu de la jouer artificiellement, exerce sur le spectateur une sorte de fascination. Elle n'est pas moins forte que celle du film de fiction qui réussit le miracle du vrai.

Henri Storck.

     















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